Dès la rentrée 2026, notre département verra la mise en place des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS), alors même que l’Assemblée Nationale a rejeté leur création et qu’aucun bilan de leur expérimentation n’a été rendu public. Cette décision, prise sans transparence ni concertation, soulève de graves inquiétudes quant à ses conséquences sur les conditions de travail des Accompagnants d’Élèves en Situation de Handicap (AESH).
Parmi les risques majeurs : l’extension géographique de leur périmètre d’intervention, imposant des déplacements supplémentaires et une charge de travail accrue ; la multiplication des accompagnements en dehors des élèves notifiés par la MDPH, les PAS pouvant désormais décider unilatéralement des affectations, sans garantie de respect des besoins réels des élèves.
Au-delà des dysfonctionnements organisationnels, c’est un véritable plan social qui se profile. Dès cette fin d’année scolaire, les AESH sont convoqués individuellement pour signer un avenant à leur contrat, dans des conditions inacceptables : des convocations imposées à des dates et horaires fixes, parfois pendant leurs temps de pause entre deux accompagnements, des déplacements abusifs (certains doivent parcourir jusqu’à 50 kilomètres pour signer ce document), des menaces explicites de licenciement en cas de refus ou d’impossibilité de se conformer à ces exigences.
Cette urgence artificielle, couplée au refus catégorique de l’administration d’autoriser des signatures par voie postale ou numérique, révèle une volonté délibérée de précariser ces professionnels déjà en première ligne face aux tensions sur le pouvoir d’achat.
Face à cette situation inacceptable, nous exigeons : le respect des AESH, qui ne doivent pas subir les défauts d’organisation de l’administration ; la fin des pressions et des menaces, incompatibles avec la dignité de ces métiers essentiels à l’école inclusive ; une concertation réelle sur l’impact des PAS, avec la publication immédiate des bilans d’expérimentation et l’abandon de toute mesure imposée sans dialogue ; des modalités de signature des avenants adaptées, permettant aux AESH de les signer à distance ou par voie postale, sans contrainte abusive.

