Privas, le 3 septembre 2026
Hier s’est tenue la première réunion des directrices et directeurs d’école de la circonscription de Privas-Lamastre. Nouveauté cette année : les directrices et directeurs étaient « invités » à se déplacer jusqu’aux Ollières sur Eyrieux pour assister à une réunion de trois heures. Une « invitation » qui pose question : contrairement aux années précédentes, ce temps de travail ne sera pas récupérable et les frais de déplacement ne pourront pas être remboursés. Sur décision du DASEN, seules les personnes ayant covoituré pourront prétendre à un remboursement.
Au-delà de la question financière, une autre interrogation se pose : comment peut-on demander à des personnels de se déplacer pour une réunion institutionnelle sans ordre de mission ? Qu’en est-il de leur couverture en cas d’accident sur le trajet ? Est-il acceptable de mobiliser leur temps personnel, un mercredi matin, sans reconnaissance ni compensation de ce temps de travail ?
La situation ne concerne malheureusement pas uniquement les directrices et directeurs de la circonscription de Privas. Dans le reste du département, il est demandé à un enseignant de chaque école de se déplacer, à ses propres frais, à une date et à des horaires imposés, afin de récupérer les livrets de passation des Évaluations Repères. Idem pour récupérer les comprimés d’iode dans certains secteurs. Là encore, les mêmes questions se posent : qu’en est-il de la couverture des personnels en cas d’accident de trajet ? Est-il normal de demander à un agent d’utiliser son véhicule personnel, son carburant et son temps libre pour répondre à une demande institutionnelle ?
L’administration ne pourrait-elle pas organiser cette remise autrement ? Les IEN et les CPC ne pourraient-ils pas profiter de leurs déplacements dans les écoles pour aller à la rencontre des équipes et remettre directement ces fameux livrets d’évaluation ? Cela permettrait au passage de remettre un peu de sens dans la relation entre l’institution et les personnels qu’elle sollicite.
Les AESH avaient déjà été confrontées à une situation tout aussi ubuesque en juin dernier. Elles avaient alors été convoquées individuellement pour signer un avenant à leur contrat, à des dates et horaires imposés. Certaines convocations intervenaient pendant leurs temps de pause entre deux accompagnements, entraînant parfois des déplacements disproportionnés. Plus grave encore, le licenciement était assuré en cas de refus ou d’impossibilité de se conformer à ces exigences.
Ces situations ont un point commun : elles font peser sur les personnels les conséquences des manques de moyens, de personnel et d’organisation de l’Éducation nationale.
Le temps de travail n’est pas bénévole. Le véhicule personnel n’est pas un moyen de transport institutionnel gratuit et la disponibilité des agents ne peut pas être considérée comme une ressource inépuisable.
AESH, enseignant·es, directrices et directeurs : stoppons le bénévolat dans le cadre de notre travail ! L’institution doit prendre ses responsabilités : exigeons que notre temps de travail soit reconnu, que nos déplacements soient encadrés et pris en charge et nos droits, respectés. Exigeons que le mépris de l’institution pour ses agents cesse une bonne fois pour toute.

